12 h

Dès 14 ans / Durée : 1 h15

En juillet 2018, j’étais dans une librairie à Alger. Je cherchais le rayon « Guerre d’Algérie », sans succès. Sur le point d’abandonner, j’ai fini par interroger la libraire qui m’a répondu : « Tous les ouvrages sur la Guerre d’Algérie se trouvent au rayon Révolution. ». Évidemment, oui : c’était une Révolution. Je ne l’avais seulement jamais nommée ainsi, et par conséquent jamais réellement pensée ainsi. La langue et les mots ont été parfois l’arme et les munitions d’un combat aussi injuste qu’inégal. De quoi la guerre d’Algérie est-elle le nom ? Comment dit-on « colonisation » en langue arabe ? Qu’est-ce que nous fait le langage ? Que fabrique- t-il comme histoire, politique ou monde commun ? Salim Djaferi mène l’enquête, charge et décharge les mots du colonialisme au fur et à mesure qu’il compose avec d’autres récits, d’autres mots, les siens. Son regard documenté nous indique les failles du nôtre et révèle les indices que notre Histoire a laissés au creux de notre langue.

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« Lorsque j’ai débuté le travail, je me suis posé cette question : de quelle manière peut-on traiter la question de la colonisation et des relations franco-algériennes sans être victimaire ? Sans doute en faisant un pas de côté. En tant que chercheur-artiste, je me suis intéressé au langage et plus précisément au mot « colonisation ». Comment dit-on « colonisation » en arabe ? Autrement dit, Koulounisation n’est pas une pièce sur la colonisation en tant que telle. C’est une pièce sur le mot « colonisation » qui déroule des vécus, des histoires et des violences, aussi. » Salim Djaferi

Revue de presse
« Savante et documentée, la proposition de Salim Djaferi se révèle aussi d’une limpidité absolue, sans rien céder au simplisme. Et sous-tendue d’un humour qui jamais ne l’affaiblit.
J’aimais bien cette idée : l’ambition quasiment démesurée d’un grand spectacle décolonial, mais en partant d’un mot, de s’en étonner et d’y travailler pendant deux ans, confie-t-il. »
Marie Baudet, La Libre Belgique

Site de la Compagnie

Distribution

Conception et interprétation : Salim Djaferi
Collaborateur artistique : Clement Papachristou
Regard dramaturgique : Adeline Rosenstein
Aide à l’écriture : Marie Alié et Nourredine Ezzaraf
Ecriture plateau : Delphine De Baere
Scénographie : Justine Bougerol et Silvio Palomo
Création lumière et régie générale : Laurie Fouvet et Benoît Serneels (en alternance)
Développement, production, diffusion : Habemus papam

Production

Création : Salim Djaferi
Coproductions : Les Halles de Schaerbeek, Le Rideau de Bruxelles, L'Ancre, Théâtre Royal de Charleroi
Soutiens : Bourses d'écriture Claude Etienne et de la SACD, la Chaufferie-Acte1, La Bellone-Maison du Spectacle (BXL/BE), Théâtre des Doms, Théâtre Épicène, Zoo Théâtre
Aide : Fédération Wallonie-Bruxelles, Cocof