Du 6 au 26 juillet / Relâches les 11 et 18 juillet

J’abandonne une partie de moi que j’adapte

J’abandonne une partie de moi que j’adapte

de Jean Rouch et Edgar Morin. Ensuite, du cinéma-vérité des années 60, nous glissons vers une théâtralité joyeusement contemporaine. Réappropriation poétique et politique opérée avec talent par une jeune équipe d’artistes trentenaires. Qu’en est-il de la notion de la question du bonheur aujourd’hui ? S’interrogent-ils, vifs et dansants, avant de nous tendre un miroir intemporel.

Profondément marqués par Chronique d’un été, Justine Lequette et ses comédiens en reprennent les questions-clés, adressées à des passants, étudiants, ouvriers, employés, immigrés, dont l’entretien se prolongeait parfois dans un cadre plus intime.
Ces questions, qui portent sur le bonheur, la vie, le travail, les utopies etc., ils se les posent aujourd’hui dans une société qui, cinquante-sept ans plus tard, est à la fois restée la même et a beaucoup changé. Mettant les deux époques en perspective, ils insistent, en se nourrissant aussi de séquences documentaires de Pierre Carles, d’extraits de pièces d’Alexandra Badea ainsi que d’écritures de plateau, sur la question du sens que nous donnons à nos vies, dans une esthétique inspirée du réel mais qui toujours développe un point de vue et une dimension ludique.

La musica deuxième

La musica deuxième

Une femme. Un homme. Ces deux-là se sont aimés passionnément. Ils ne s’aiment aujourd’hui plus. À la veille de leur divorce, ils cherchent à (se) comprendre et se livrent à l’autopsie de leur histoire d’amour. Un texte de Marguerite Duras porté par un duo de comédiens hors pair, dans une mise en scène d’une justesse vertigineuse.

Le temps, ses affres et ses tentations ont suivi les pas de ce couple, jusqu’à les perdre et les faire choir. Elle, Anne-Marie, a voulu le suicide, lui, Michel, le meurtre. Puis, ils se sont séparés. C’était avant-hier. C’était hier.
Aujourd’hui les a réunis de nouveau, au tribunal (au théâtre) pour entendre leur divorce prononcé. Une dernière fois, dans la nuit, avant de regagner leurs « autres » respectifs, ils vont chercher à se parler, tenter de comprendre l’énigme qui les a amenés à la perte, au désastre de l’autre. Cris et chuchotements, sourires forcés et fous rires subits, sanglots étouffés, désir de comprendre et refus de savoir, haine et sottise, mots arrachés au silence pour faire taire le silence, pour retarder l’ultime moment du départ où plus rien, jamais, ne pourra être dit.

Pas pleurer

Pas pleurer

Adaptation rock’n roll du roman Pas Pleurer de Lydie Salvayre (Prix Goncourt 2014). Un récit intense sur la guerre d’Espagne dont s’empare la comédienne Marie-Aurore d’Awans (saluée par les Prix de la Critique belge 2017) et la musicienne Malena Sardi. Leur dialogue résonne magnifiquement avec le roman. Un hymne à la résistance, à la liberté. (…) Devant sa fille, avec qui elle partage « une petite anisette » qu’on devine strictement interdite par les médecins, elle raconte son petit village perdu en Catalogne. La vie n’y a pas changé depuis le Moyen-Âge, rythmée par les récoltes d’olives, les fêtes de village, les mariages arrangés, son frère Josep, fraîchement converti aux thèses anarchistes et son rival stalinien Diego, les disputes familiales, les premières tentatives de collectivisation, l’irruption de cette idée que, peut-être, tout pourrait changer…
« Pas Pleurer », c’est l’injonction que répète Montse à sa petite fille serrée contre elle, sous les bombardements fascistes et dans le dénuement le plus total, alors qu’elle fuit son pays, l’Espagne, qui tombe aux mains des franquistes.
« Pas Pleurer », c’est aussi ce que nous dit Lydie Salvayre, alors que nous avons toutes les raisons de pleurer devant la bêtise humaine, aujourd’hui comme hier. Ne pas baisser les bras. Ne pas avoir peur.

L’herbe de l’oubli

L’herbe de l’oubli

Tchernobyl, 30 ans après. Les comédiens et marionnettes de Point Zéro offrent une magnifique tribune aux témoins et héritiers de la catastrophe rencontrés sur place. Du théâtre qui dépasse le documentaire et dont l’étrange poésie visuelle renforce un propos d’une terrifiante actualité.

Le 26 avril 1986, le cœur du réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose et prend feu, projetant un nuage de radioactivité dont on a retrouvé des traces dans toute l’Europe. Poussières, aérosols et gaz radioactifs sont projetés dans l’atmosphère. Le quatrième réacteur, nom de code « Abri », conserve toujours dans son ventre gainé de plomb et de béton armé, près de vingt tonnes de combustible nucléaire.
Tchernobyl, en Russe, se traduit absinthe, l’herbe de l’oubli…
Et trente ans après, quelles leçons retient-on de cette explosion ?
Composé à partir de la parole d’habitants proches de la zone d’exclusion en Biélorussie, de scientifiques actifs dans le dépistage de césium 137, de personnes ressources partisanes – ou non – du nucléaire qu’a rencontrés la compagnie Point Zéro ; L’Herbe de l’Oubli, s’inspire de la démarche de récolte de témoignages réalisés par par Svetlana Alexievitch (prix Nobel de Littérature 2015 – La Supplication, éditions JC Lattès).

Bon débarras !

Bon débarras !

C’est la meilleure des cachettes, le débarras, sous l’escalier. Dans cette maison, de 1900 à nos jours, des générations d’enfants s’y sont planquées. Dans une chronologie bousculée, les histoires de neuf d’entre eux (marionnettes-enfants plus vraies que nature) nous font traverser un siècle d’Histoire. Un bijou de manipulation, une rêverie sur l’espace et le temps, qui invite à partager ses souvenirs d’enfance.

Dans le placard, le débarras, là, sous l’escalier, le temps passe, les enfants se succèdent.
Des années les séparent, pourtant leurs jeux se ressemblent.
Leurs époques diffèrent, mais leurs émotions se ressemblent.
Leurs modes de vie évoluent, mais leurs aspirations se ressemblent.
Chaque enfant est unique et chaque enfant se ressemble.
Le spectateur est le témoin privilégié de leurs moments de complicité, de secrets partagés, d’interdits transgressés.

Bon débarras ! est un spectacle qui célèbre nos enfances, celles de nos parents, de nos grands-parents, des parents de nos grands-parents…

Mal de Crâne

Mal de Crâne

Hamlet vs Eminem. Une proposition radicale, inattendue. Une écriture rythmique, percussive, flamboyante. Bienvenue dans l’univers de Louise Emö, la joute va commencer et ce sera jouissif.

Mal de crâne
D’Hamlet à Eminem
Tuer tout ce à quoi on tient pour être ce que l’on devient

Mal de crâne propose une tragédie underground. Eminem, le plus grand rappeur contemporain et Hamlet, l’imbattable personnage de théâtre, s’y mesurent à rimes et fers croisés.
Eminem transfigure la folie d’Hamlet en un album anachronique et commun : le contre-monde. Ces deux misogynes mythiques se côtoient, se fusionnent, se cherchent à travers la relecture acerbe de ces personnages classiques, qui sont des déclinaisons de nous-mêmes. À Détroit ou Elsinor, nous sommes au royaume de la parole au centre.
La difficulté d’écouter l’autre sans s’écouter parler, d’annoncer et d’entendre les mauvaises nouvelles, d’avouer son amour ou de refuser sa fin. Comment sortir de l’enfance, devenir adulte, réaliser nos rêves ? Comment s’accomplir sans se caser, sans abdiquer, sans se précariser ? Par une structuration en 5 actes, centrés sur la sublimation de mots trop grands – le père, l’ambition, l’innocence, l’amour et la langue, la PAC peint un portrait partiel d’une génération urbaine, paumée et pleine de potentiel.